Il faut briser un tabou : le Royaume-Uni est une destination chère. Depuis le Brexit, les étudiants européens paient le même prix que les étudiants internationaux, ce qui a paradoxalement nivelé le terrain pour les Marocains : tout le monde est logé à la même enseigne (coûteuse). Mais si le retour sur investissement d’un diplôme britannique est excellent, l’obstacle financier initial pour obtenir le **Visa Étudiant** (anciennement Tier 4) est conséquent. Analyse froide des chiffres.
Le CAS et la preuve de fonds
Pour demander votre visa, vous devez d’abord obtenir le **CAS** (Confirmation of Acceptance for Studies) de la part de votre université. C’est un numéro électronique unique. Sans lui, pas de demande de visa. Mais le gros morceau, c’est la finance. L’UKVI (UK Visas and Immigration) exige que vous prouviez avoir l’argent pour payer la première année de scolarité PLUS les frais de vie pour 9 mois.
Pour Londres, le montant exigé pour la vie courante est d’environ 1 334 £ par mois (soit plus de 12 000 £ l’année). Hors Londres, c’est environ 1 023 £ par mois. Ajoutez à cela des frais de scolarité qui oscillent souvent entre 15 000 et 25 000 £. Faites le calcul : pour **étudier au Royaume-Uni**, vous devez souvent justifier de plus de 350 000 ou 400 000 Dirhams bloqués sur un compte depuis au moins 28 jours consécutifs. C’est une règle stricte : si l’argent descend sous le seuil un seul jour durant ces 28 jours, le visa est refusé.
La surcharge NHS et le droit au travail
En plus des frais de visa (environ 490 £), vous devez payer la **Surcharge Santé Immigration (IHS)**. C’est une taxe obligatoire qui vous donne accès au système de santé public britannique (NHS), comme un citoyen local. Elle coûte environ 776 £ par an. C’est une somme à payer « upfront » (d’un coup) lors de la demande de visa en ligne.
Heureusement, le visa étudiant offre une flexibilité précieuse : le droit de travailler 20 heures par semaine durant les cours et à temps plein durant les vacances. À Londres ou Manchester, le marché du « Student Job » est très dynamique. De nombreux **étudiants marocains** parviennent à couvrir leurs frais de vie (logement et nourriture) grâce à ces jobs. De plus, le « Graduate Route » permet désormais de rester travailler au Royaume-Uni pendant 2 ans après l’obtention du diplôme, sans besoin de sponsor immédiat. C’est l’atout majeur qui justifie l’investissement colossal de départ.

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